Penurie

Le consommateur dindon de la farce

Le conflit des ouvriers du groupe pétrolier Total de ces derniers jours est une fois de plus révélateur des comportements humains dont les réactions peuvent devenir irrationnelles.

Les salariés des raffineries redoutent probablement à juste titre la diminution puis la disparition progressive du raffinage français dans le contexte mondial où la tendance lourde sera de raffiner dans les pays de production du pétrole. Ils posent des questions sur leur avenir, et les organisations syndicales jouent la surenchère face au groupe pétrolier et ses milliards de bénéfices. La perspective des élections régionales permet de faire monter la pression avec comme rêve non exprimé de bloquer le pays comme en 1968 et en 1995.

Sans porter de jugement sur l'origine du conflit, je n'en n'ai ni les connaissances suffisantes ni les compétences, il est intéressant d'observer les réactions des différents intervenants.

Très rapidement, le blocage des raffineries du groupe Total et les déclarations péremptoires des responsables syndicaux ont semé un certain trouble, voire un début de panique au sein de la population. Cette situation a été largement entretenue par les médias trop contents de tenir un sujet d'actualité brûlant et chacun y est allé de son commentaire. En effet, dès le début de ce blocus, la question de l'approvisionnement et d'une pénurie à brève échéance s'est posée. Ce spectre, brandit de manière ostentatoire a provoqué ce qu'on pourrait appeler « la ruée » vers les stations avec des files d'attente presque dignes des heures noires du rationnement.

Cette sur-consommation inhabituelle, il s'agissait en effet de remplir coûte que coûte non seulement son réservoir mais également des jerrycans, a largement contribué à ce début de pénurie dans les stations, situation largement commentées par les médias qui contribuaient ainsi à entretenir une forme de panique.

Outre cet effet pervers, les observateurs attentifs auront remarqué que les panneaux indicateurs des prix étaient pris d'une certaine frénésie, avec une hausse très significative du prix du litre de 10 à 12 centimes. Alors à qui profite le crime ? Certainement pas au consommateur une fois de plus dindon de cette farce politico médiatique.

Mais le plus inquiétant dans cette affaire concerne les conditions d'approvisionnement et de distribution du carburant en France. Total, avec ses six raffineries, assure environ la moitié de l'approvisionnement des 12 000 stations-service françaises et si le groupe éternue, c'est toute le pays qui est grippé. Une pénurie de carburant aurait de graves conséquences sur le plan économique et une grève qui menace de paralyser le pays n’est pas un conflit comme les autres, c’est une affaire d’Etat qui doit être traitée comme telle.

 

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