Lanvenegen et les conflits mondiaux

La commune de LANVENEGEN a payé un lourd tribu lors des deux guerres mondiales de 1914-1918 et de 1939 – 1945. Le monument aux morts rappelle les noms des personnes qui ont donné leur vie pour la défense de la nation et pour la liberté.

Lors de la Première guerre mondiale 145 jeunes Lanvénégenois sont morts au champ d'honneur pendant ce conflit particulièrement meurtrier. S'agissant de la Seconde guerre mondiale, cette commune est également réputée pour son rôle dans la Résistance. Cinq de ses habitants sont morts en déportation; treize ont été fusillés, notamment à Port-Louis.

  • Le 1er mai 1944, des manifestants portant des drapeaux rouges et des drapeaux tricolores défilent dans le bourg et dans les villages alentour en chantant L'hymne national et l'International.

  • Le 8 mai, les Allemands procèdent à une rafle, puis à des arrestations ciblées dans la nuit du 22 au 23 mai et encore dans la nuit du 31 mai au 1er juin.

  • Le 24 juin, dix-sept résistants, dont six Belges de Blankenberge, condamnés à mort par la cour martiale allemande siégeant à l'École Sainte-Barbe au Faouët, sont fusillés à Rosquéo. Deux des morts n'ont pu être identifiés. L'un des Belges, Jean de Coninck, n'est que blessé : il s'enfuit sous les tirs. Il sera soigné par une vétérinaire du Faouët, caché par des habitants et survivra.

  • Le même jour, dix résitants de Spézet et un de Saint Goazec sont fusillés à Rozangat.

  • Un autre fusillé, inconnu, est retrouvé dans une tombe sommaire au Pont-Neuf.

  • Le 27 juin, c'est Jean Jamet, lieutenant de gendarmerie à Quimperlé, originaire de Lanvénégen, qui est arrêté à Bubry en compagnie de Mathieu Donnart, chef de l'Armée secrète dans le Finistère. Ils sont fusillés à Pluméliau le 29 juillet.

  • Le 7 juillet, trois maquisards sont tués à Bellevue, près de Boutel. Ce sont Jean Le Bloas, originaire de Lanvénégen, Raymond Denise et Robert Kessler. Les corps sont sommairement enterrés. Deux autres résistants sont faits prisonniers, ils seront fusillés. D'autres résistants parviennent à s'enfuir. Les morts et les prisonniers étaient porteurs de faux papiers, ce qui évite, semble-t-il, des représailles aux villageois des alentours; plusieurs hommes du village de Boutel, arrêtés, sont en effet rapidement relâchés. L'incompétence du chef de ce groupe est soulignée par les témoins de l'époque, ainsi que la probabilité d'un mouchardage.

Certains de ces fait entraînent l'exécution de mouchards par la Résistance.

  • En mai 1944, fut créé, sur l'ordre du Général Duwert, à la Citadelle, de PORT LOUIS, près de LORIENT d'un tribunal d'exception pour juger les patriotes. Ce tribunal prononcera 69 condamnations à mort. Ce charnier fut découvert à la Libération et les victimes exhumées le 23 mai 1945.

Les fusillers de Port Louis appartenaient à des corps de métiers très différents : il y avait des militaires dont quelques gendarmes et des anciens marins, mais aussi des cultivateurs, des ouvriers, des mécaniciens, des artisans, des employés, des étudiants et leur professeur. Les actes de décès de l'État-Civil de Port-Louis, le procès-verbal des signalements qui ont permis leur identification ne suffisent pas à imaginer qui étaient ces résistants ni ce qu'ils ont vécu. Les récits de leurs familles et de leurs camarades survivants, les photos rassemblées par le Comité du Souvenir, de nombreux livres sur la Guerre en Bretagne, permettent d'en perpétuer la mémoire.

Beaucoup étaient voisins, amis, et quelquefois parents, ils ont été pris au cours d'actions de "terrorisme", sans papiers ou les armes à la main, mais aussi dans des rafles, le plus souvent chez eux, au lever du jour, sans doute sur dénonciation. Ceci dès le mois de février 1944, et jusqu'à fin juillet, alors que le Débarquement avait eu lieu et que les villes du reste de la Bretagne étaient libérées. Leurs actions avaient alors pour but d'empêcher que les Allemands ne sortent de la "poche" de Lorient et apportent du renfort à leurs troupes en Normandie.

Les hommes identifiés étaient tous célibataires, sauf quatre. Ils avaient de 18 à 25 ans, sept seulement étaient plus âgés. Ils venaient presque tous du Nord-Ouest du département du Morbihan ou de la bordure Est du Finistère. Six d'entre elles, qui n'ont pu être identifiées sont enterrées sous six dalles de granit recouvertes d'une croix. Les autres ont leurs noms inscrits sur la parois du Mémorial.

Selon les témoignages, des survivants emprisonnés avec eux au Fort de Penthièvre, quelques uns ont été emmenés directement à la citadelle de Port-Louis, mais pour la plupart, ils sont passés par les salles de torture des prisons de Locminé et de Penthièvre. Quelques uns ont été condamnés à Quimperlé.

Le 30 octobre 1960, le Mémorial des Morts de la Résistance a été inauguré dans la partie Ouest du glacis de la Citadelle. Ce monument occupe l'emplacement d'un ancien stand de tir où en 1944, les nazis enfouirent les corps de 69 patriotes.

Fusillers de la Citadelle de Port Louis, originaires de LANVENEGEN

EVENNOU Fernand, 22 ans

LE MESTE Jean, 19 ans

LE MOËNE Georges, 22 ans

MAHOT Louis, 22 ans 

MAUVAIX André, 25 ans

MORLEC Jean, 34 ans 

PERRON Lucien, 18 ans 

POULHALEC Georges, 20 ans

RIOU Jospeh, 21 ans

 

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Commentaires (2)

1. fabienne 09/10/2010

Quel travail! Bravo!!

2. Ulliac 08/02/2014

Bravo à mon cousin issu de germain, je prends plaisir à lire toutes ces pages

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