temps perdu

D'UNE RIVE A L'AUTRE

             Après quelques mois de silence, non par manque d'inspiration mais plutôt par fatigue morale, me revoilà à nouveau pour alimenter la chronique qui m'est chère, la vie de tous les jours et les sujets qui me touchent plus particulièrement.

               L'article ci-dessous exprime un sentiment sur ce passage difficile de la vie à la mort et le sentiment d'impuissance que l'on éprouve face à cette vie qui s'échappe tout doucement pour aboutir au néant, réalité incontournable à laquelle chacun est confronté, qu’il s’agisse de la mort de ses proches ou de sa propre mort.

             Comme je l'écrivais il y a quelques mois, dans un précédent article intitulé « La recherche du temps perdu », la perte d'un être cher provoque toujours un sentiment de culpabilité pour celles et ceux qui ont chéri cette personne toujours trop tôt disparue.

              Le deuil est une réaction normale et saine à divers types de malheurs. Il peut se manifester lorsqu’on s’attend à perdre un être cher ou lors de la perte d'un être cher.

              Face à cette disparition nous éprouvons toute une gamme de sentiments : choc, négation, colère, culpabilité, tristesse et acceptation.

           Ces émotions successives auxquelles nous devons faire face se poursuivent jusqu'au moment où nous commençons à accepter la perte de cet être cher. Cependant il se peut aussi que le deuil ne disparaisse jamais complètement. La douleur ressentie s’atténue avec le temps, surtout si on s'efforce à la surmonter.

           Tous ces sentiments sont d'autant plus forts que l'on a accompagné cette personne jusqu'à ses derniers instants, son dernier souffle. On peut éprouver le sentiment de ne pas en avoir fait assez, d'avoir peut être manqué quelque chose, et nous nous retrouvons alors seul face aux réalités de la vie et de cette mort qui fait inexorablement son œuvre.

              La mort est un devoir vis-à-vis des vivants, plus précisément des vivants à venir. Car il y a nécessité de laisser la place aux générations à venir. Au nom du cycle de la vie et au nom des vivants à venir pour qu'ils perpétuent le cycle d’existence de la communauté celle-ci ayant pour condition, la continuité des générations et la reprise par les vivants de la pensée des morts : «l’humanité se compose de plus de morts que de vivants».

           L’immortalité de l’âme était une des croyances des anciens Celtes, ce qui explique peut-être les témoignages sur leur vaillance et leur intrépidité au combat, puisque la peur de la mort était absente.

LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

« « Le temps perdu ne se rattrape jamais …. Alors continuons de ne rien faire » ». Cette citation de Jules Renard pourrait prêter à sourire mais elle peut aussi prendre un tout autre sens et devenir « à la recherche du temps perdu »

La recherche du temps perdu est un peu comme une fuite en avant. Le temps passe inexorablement et le tourbillon de la vie moderne, le contexte économique, la compétitivité de plus en plus exacerbée alliés à la précarité de l'emploi imposent aujourd'hui la performance, le slogan « travailler plus pour gagner plus » est à cet égard évocateur.

Tout ceci impose très souvent la mobilité géographique, l'éloignement avec pour corollaire la perte de certains repères. L'individualisme s'installe sournoisement au détriment des relations humaines. Ceci devient encore plus cruel quand on ne voit pas ou ne veut pas voir ce qui se passe autour de nous, les personnes en grande difficulté, nos parents qui vieillissent plus ou moins bien, seuls dans leur coin. Bien entendu on leur rend visite de temps en temps, pendant les vacances, souvent en « coup de vent »; la plage ou la promenade ne peuvent attendre.

Cette quasi absence de communication avec les parents, ne semble pas importante car le rythme effréné de la vie fait oublier l'essentiel sauf le jour où on prend conscience qu'ils vieillissent, deviennent des personnes très âgées ou quand la maladie survient. Il est alors parfois trop tard, tous ces rendez-vous manqués ne sont plus récupérables. Ils regardent seuls défiler leur vie alors qu'ils auraient tant de choses à partager. Prendre le temps de parler, d'échanger, de s'intéresser à eux leur procure une joie immense avec ce sentiment d'exister encore et d'être utile qui fait tant de bien.

Quand malheureusement la vie s'en va, ce vide devient très rapidement intolérable, et le remords nous poursuit de manière lancinante. L'absence est insupportable avec cette impression d'être passé à côté, de n'avoir pas su consacrer assez de temps pour parler, échanger, donner de la joie et de la tendresse au crépuscule de cette existence. Partager les joies et les peines, se rappeler qu'il nous ont élevé avec leurs moyens, qu'ils se sont dévoués pour nous, souvent simplement mais tellement heureux de notre réussite, de loin leur plus grande richesse. Peu importe les origines modestes ou aisées, savoir se contenter de ce que l'on a, de choses simples, ne pas vouloir tout tout de suite.

Alors pour ceux qui ont encore la chance d'avoir leurs parents, ou un parent, soyez présents, sachez en profiter après il sera trop tard et « le temps perdu ne se rattrape jamais ». On se culpabilise toujours après, mais la vie reprend vite le dessus sauf si on a ce sentiment lancinant du rendez vous manqué, de cette absence de communication, les cicatrices sont alors plus longues à se refermer, si elles se referment un jour.

Loin de moi l'idée de vouloir jouer le rabat joie de service ou celui de la mauvaise conscience. Je crois que l'expérience, le vécu, permettent d'avoir un avis sur certains sujets, opinion ou avis qui peuvent être contestés, mais dont le mérite est au moins de susciter les échanges et la confrontation. Tout ceci est déjà une forme de communication.

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site