Iran

Afrique du Nord - Moyen Orient


Depuis quelques semaines on assiste à une déstabilisation en règle des pays du Maghreb avec des manifestations violentes en Tunisie puis en Egypte. Cette jeunesse qui manifeste pour plus de liberté face à des régimes corrompus et despotiques remet en cause, très probablement à juste titre le système politique en place dans leurs pays, depuis plusieurs décennies. Cette dictature ne laisse la place à aucune opposition généralement muselée, chassée, emprisonnée ou exilée et ainsi aucune alternance n'est possible sans un bain de sang avec tous les excès possibles y compris de la part de certains mouvements cherchant à profiter de la situation.

Bien entendu on devrait applaudir cette aspiration à obtenir plus de liberté, mais allons nous vers une révolution généralisée du monde arabe avec un risque de contagion vers les pays du Moyen Orient ou ces mouvements ne sont ils pas une entreprise de déstabilisation orchestrée de cette zone avec un effet de "dominos" qui concernerait plusieurs états laïcs y compris de l'Afrique Noire avec un retour possible vers l'oscurantisme tel que vécu en Iran en 1979.

En Tunisie, la révolte a commencé par une expression individuelle du malaise qui touche la jeunesse Tunisienne. Malgré son taux enviable de croissance de plus de 5% en moyenne ces dernières années, la Tunisie n'est pas en mesure d'offrir du travail à ses "chômeurs diplômés.

Le pouvoir en place certes très contestable n'est pas parvenu à faire taire la rue et la fuite du président tunisien a laissé un vide politique malgré une tentative de passation du pouvoir dont les responsables sont également contestés.

Après vingt-deux ans d'exil, Rached Ghannouchi chef de file du mouvement islamiste Ennahda, a effectué un retour triomphant en Tunisie où plusieurs milliers de personnes l'attendaient à l'aéroport chantant l'hymne national et criait sa "fierté islamique" retrouvée. Ennahda également appelé Hezb Ennahda (Parti de la Renaissance), est un parti politique islamiste. Influencé par les frères musulmans égyptiens le parti considère alors que la souveraineté dans l'État musulman appartient à Dieu. Selon les préceptes de ce mouvement, la société tunisienne est une « société athée, qui a cessé d'être musulmane, sur le plan de la foi mais aussi par le fait qu'elle viole des lois expresses et catégoriques de l'islam ». Il vise ainsi l'établissement d'un État islamique et à ce titre, Ennahda, dans les mois à venir, est bien l'une des pièces centrales du parti « post-autoritaire » tunisien.

Il reste que ce pays, qui était naguère un havre de paix et de stabilité dans un monde arabe en ébullition permanente, vient de sombrer dans le pillage et le chaos.

Après la chute du régime Tunisien, c'est l'Égypte qui est aujourd'hui en proie à des manifestations violentes parfois orchestrées en sous main par des intégristes religieux appartenant à la mouvance des frères musulmans dont les troupes se sont jointes au mouvement de protestation. Force d'opposition la plus influente du pays, ils appellent le peuple à participer à des manifestations massives partout en Égypte afin que tout le régime - président, parti, ministres et Parlement - quitte le pouvoir".

Les “Frères musulmans” est une organisation panislamiste fondée en 1928 à Ismaïlia en Égypte avec comme objectif une renaissance islamique, la lutte contre l’influence occidentale et l’instauration de la charia. Certains groupes de partisans se sont constitués en mouvements indépendants, comme par exemple le Hamas..

Son opposition fondamentale et parfois violente aux États laïcs arabes a amené son interdiction ou la limitation de ses activités dans certains pays comme la Syrie ou encore l'Égypte. La lutte contre l’État d’Israël est au cœur du mouvement depuis sa fondation. Le principal objectif des Frères musulmans est l'instauration au lieu des régimes en place de républiques islamiques dans les pays à majorité musulmane telles que l'Égypte, la Libye, la Syrie, la Tunisie. Les Frères musulmans s'opposent ainsi aux courants laïques des nations à majorité musulmanes et préconisent un retour aux préceptes du Coran, impliquant un rejet des influences occidentales

Dans la foulée, des émeutes ont également éclaté en Jordanie et il est ainsi à craindre une contagion aux pays de cette zone d'influence que sont l'Algérie, l’Égypte la Libye, la Syrie, la Libye et le Maroc.

Une nouvelle fois, on constate que la « démocratie » dans cette zone du Maghreb et du Moyen Orient n’est pas l’occidentalisation. Si cet ensemble passe à l’islamisme, la France peut avoir du souci à se faire : pour le terrorisme d’abord, mais aussi sans doute pour la recrudescence de l’immigration. Il reste tout simplement à souhaiter que ce scénario-catastrophe ne voit pas le jour.


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