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Terrorisme :Quels risques pour demain

LE TERRORISME QUELS RISQUES POUR DEMAIN ?

 

Le terrorisme sous toutes ses formes constitue une grave menace pour la paix et la sécurité internationale. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, plus aucun conflit dit « conventionnel » n’a touché l’Europe de l’Ouest. Cette paix est la principale réussite de la construction Européenne mais la situation actuelle dans l’Europe de l’Est avec la montée des nationalismes peut à tout moment remettre en cause ce fragile équilibre.

Il y a quelques mois je faisais part de mon inquiétude sur la situation au Proche et au Moyen Orient avec la chute de despotes certes condamnables et parfois condamnés ou éliminés. Le vide politique a fait le lit des groupes terroristes, parfois très structurés qui y ont trouvé un nouveau terrain de « jeu » si j’ose dire.

 Le peu d’empressement des Européens et des Américains à aider des opposants au régime Syrien est peut être le signal de cette prise de conscience des risques encourus en cas de vacance du pouvoir même autocrate.

 Je ne reviendrai pas sur les origines du terrorisme ni sur les différents attentats au cours de ces dernières années. De même la philosophie du terrorisme a été développée dans de nombreux ouvrages et au risque de répéter ce qui a déjà été dit il me semble préférable d’aborder ce qui pourrait devenir une forme de gangrène avec ce nouveau phénomène de  départ en nombre de jeunes qui au nom d’un Islamisme radical partent faire le Jihad dans les pays fragilisés et secoués par des violences visant à faire tomber le pouvoir en place.

 Mais avant d’aller plus loin dans mon propos, je voudrais dès à présent affirmer qu’il ne s’agit pas de stigmatiser une population ou une religion. En effet tous les musulmans ne sont pas des terroristes mais souffrent de l’image donnée par une poignée d’intégristes qui recrutent des jeunes qui n’ont plus aucun repère.  Très souvent d’ailleurs les plus dangereux sont les jeunes convertis qui doivent faire leurs preuves et ainsi gagner le « Paradis d’Allah » pour lequel certains se transforment volontairement en barbares cruels et sanguinaires, en fanatiques "fous de Dieu", en bombes humaines dans le but de tuer au hasard, avec le sourire, avec la satisfaction du "devoir accompli," des civils, des enfants, des femmes, des vieillards, tous innocents.

 Ces jeunes français qui partent aujourd’hui principalement en Syrie se sont auto-radicalisés ou ont subi une forme de lavage de cerveau par les recruteurs « Salafiste ». Les réseaux sociaux constituent également un moyen d’atteindre un très grand nombre de ces jeunes avec un système d’endoctrinement de plus en plus puissant. Ils intègrent des groupes de combattants ou sont dévolus à des tâches subalternes : interprètes lors d’enlèvements de français, approvisionnement logistique ou fossoyeurs pour faire disparaître les corps suppliciés.

 Il y a quelques semaines un reportage diffusé par une chaîne de télévision française montrait des jeunes français rigolards et fiers de se montrer conduisant un véhicule auquel étaient attachés plusieurs cadavres destinés à être enterrés au milieu d’un champ. Les images de ces corps étaient « floutés » pour ne pas choquer le téléspectateur, en effet comble de l’horreur les cadavres avaient été décapités.

 Ces jeunes jihadistes, confrontés à chaque instant à cette mort violente, aux actes de torture et de barbarie perdent toute notion de la valeur de la vie humaine. Tuer un homme est comparable à écraser une mouche ou un moucheron ! Certains penseront sans doute que j’exagère mais j’ai la conviction que c’est la triste réalité.

 Plusieurs de ces jeunes mourront au combat mais penseront avoir gagné le « Paradis d’Allah ». D’autres reviendront et deviendront des références pour d’autres jeunes. Leur réintégration dans une vie normale posera d’énormes difficultés et certains pourraient très rapidement devenir de véritables chefs de bande ou des vecteurs de violences, enlèvements, meurtres, attentats contre des personnes et des biens. Il s’agira pour certains de rechercher le sensationnel, d’être à la « Une » des médias nationaux ou internationaux. Les chaînes d’information en continue constituent à cet égard une formidable caisse de résonnance pour ces individus totalement désocialisés à la recherche du sensationnel et prêts à mourir pour une cause qu’ils croient juste.

Le prochain défi sera la prise en compte de ces jeunes dès leur retour. En effet les services de renseignement craignent que certains apprentis djihadistes ne commettent des actes terroristes en France. Ces jeunes à leur retour sont la plupart du temps plus dangereux que lorsqu'ils sont partis. La plupart de ces jeunes sont «endoctrinés» et «victimes de la propagande». Le récent projet d’attentat fomenté par un djihadiste présumé de retour de Syrie est une première alerte. Pour encadrer et appréhender leur retour, les spécialistes proposent diverses solutions: notamment la mise en place de groupes de réflexion animés par des imams et des psychologues pour qu'ils reprennent pied dans le monde réel et éviter qu'ils fassent l'amalgame entre l'islam et le djihadisme. Il s'agit alors de ne pas les assigner à un simple rôle de terroriste mais de les responsabiliser en leur faisant prendre conscience des conséquences que leur action aurait pu provoquer dans la vraie vie.

C’est un chantier difficile qui s’ouvre aux autorités et toute forme d’angélisme serait mortifère. La situation géopolitique actuelle, la montée de l’intégrisme avec ces groupes terroristes internationaux sont des dangers réels à prendre en compte sous peine de connaître des lendemains difficiles aux conséquences incalculables. La notion d’intégration, du vivre ensemble de l’acceptation de chacun sans tenir compte de sa race, de ses origines, de sa religion est aujourd’hui une nécessité absolue mais dans le respect de tous en montrant la plus grande fermeté à l’encontre des fauteurs de troubles.

Le consommateur dindon de la farce

Le conflit des ouvriers du groupe pétrolier Total de ces derniers jours est une fois de plus révélateur des comportements humains dont les réactions peuvent devenir irrationnelles.

Les salariés des raffineries redoutent probablement à juste titre la diminution puis la disparition progressive du raffinage français dans le contexte mondial où la tendance lourde sera de raffiner dans les pays de production du pétrole. Ils posent des questions sur leur avenir, et les organisations syndicales jouent la surenchère face au groupe pétrolier et ses milliards de bénéfices. La perspective des élections régionales permet de faire monter la pression avec comme rêve non exprimé de bloquer le pays comme en 1968 et en 1995.

Sans porter de jugement sur l'origine du conflit, je n'en n'ai ni les connaissances suffisantes ni les compétences, il est intéressant d'observer les réactions des différents intervenants.

Très rapidement, le blocage des raffineries du groupe Total et les déclarations péremptoires des responsables syndicaux ont semé un certain trouble, voire un début de panique au sein de la population. Cette situation a été largement entretenue par les médias trop contents de tenir un sujet d'actualité brûlant et chacun y est allé de son commentaire. En effet, dès le début de ce blocus, la question de l'approvisionnement et d'une pénurie à brève échéance s'est posée. Ce spectre, brandit de manière ostentatoire a provoqué ce qu'on pourrait appeler « la ruée » vers les stations avec des files d'attente presque dignes des heures noires du rationnement.

Cette sur-consommation inhabituelle, il s'agissait en effet de remplir coûte que coûte non seulement son réservoir mais également des jerrycans, a largement contribué à ce début de pénurie dans les stations, situation largement commentées par les médias qui contribuaient ainsi à entretenir une forme de panique.

Outre cet effet pervers, les observateurs attentifs auront remarqué que les panneaux indicateurs des prix étaient pris d'une certaine frénésie, avec une hausse très significative du prix du litre de 10 à 12 centimes. Alors à qui profite le crime ? Certainement pas au consommateur une fois de plus dindon de cette farce politico médiatique.

Mais le plus inquiétant dans cette affaire concerne les conditions d'approvisionnement et de distribution du carburant en France. Total, avec ses six raffineries, assure environ la moitié de l'approvisionnement des 12 000 stations-service françaises et si le groupe éternue, c'est toute le pays qui est grippé. Une pénurie de carburant aurait de graves conséquences sur le plan économique et une grève qui menace de paralyser le pays n’est pas un conflit comme les autres, c’est une affaire d’Etat qui doit être traitée comme telle.

 

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