alcool

Apéros Géants

La grande affaire du moment est le rassemblement « apéro géant » ou l'art de se saouler sur la place publique sous le regard presque bienveillant des autorités. Il a suffi d'un « clic » sur un réseau social Internet pour lancer le phénomène qui touche toutes les régions et pour l'instant exclusivement les grandes villes. La presse s'est emparée tout de suite de cette nouveauté et devient une caisse de résonance, soit un support publicitaire gratuit pour cette alcoolisation organisée.

L'organisation d'un apéro géant a ceci de particulier, il n'y a pas d'organisation. Ou plutôt si, celui qui en lance l'idée, devient en droit et de fait l'organisateur avec toutes les contraintes qui s'imposent. A cet égard, sa mise en cause éventuelle et sa responsabilité en cas d'incidents ou d'accidents est engagée. L'identification de la personne concernée est facile avec les moyens techniques à la disposition dans le cadre de la surveillance du réseau internet. Seulement, il faut bien que jeunesse s'amuse alors on préfère « accompagner » le phénomène. C'est ainsi qu'on a pu constater que les apéros géants, qui rassemblent quelques milliers de jeunes en mal d'alcoolisation ont pu se tenir sans contrainte particulière. Pour qualifier cet état d'esprit de ceux qui cherchent à sauver la face je rapporterais cette citation attribuée à Talleyrand :« Puisque les évènements nous échappent, feignons d'en être les instigateurs ». Qui supporte les dépenses liées à ces rassemblements ? la collectivité, c'est à dire nous, donc nos, vos impôts ! Sans compter la mobilisation des moyens de secours et des forces de l'ordre, qui seraient sans doute plus utiles ailleurs.

Il me semble avoir entendu ces dernières années que bon nombre de municipalités avaient interdit la consommation d'alcools sur la voie publique. Actuellement je trouve que le silence sur ce domaine pourtant sensible dans notre pays est pour le moins assourdissant. A force de tolérer tout et son contraire, imaginons les difficultés rencontrées par une association qui doit établir un dossier solidement argumenté, avec toutes les assurances possibles pour organiser une manifestation sur la voie publique. En fait un vrai parcours du combattant mais dans ce cas précis il faut bien que jeunesse se passe et s'amuse.

Les images retransmises par les médias, sur ces jeunes complètement imbibés d'alcool sont pour le moins désolantes. Qu'en pensent les parents ??? Les compétitions sur le temps mis pour absorber une bouteille d'alcool fort, avec comme conséquence probable un coma éthylique, ou au pire la perte de la vie est significatif sur l'état de cette jeunesse en manque de repères et de valeurs.

Le phénomène de ces grands rassemblements n’est pas nouveau. Les raves party et free party apparues en France dans les années 90, ont été l'occasion non seulement d'une forte alcoolisation des jeunes, mais également d'une consommation des drogues et autres produits du même genre. Les propos lénifiants sur les raves party et free party « sans produits stupéfiants » sont à cet égard complètement faux. Tout observateur averti peut constater le lien qui existe entre ces manifestations et la diffusion à grande échelle de ces produits de mort. Ceci est un autre débat sur lequel je reviendrai probablement.

Pour en revenir aux apéros géants, la différence avec les raves party, est qu'ils touchent les jeunes à plus large échelle, facilités par l’essor des réseaux sociaux. Les irresponsables qui en lancent l'idée sont facilement identifiables grâce aux moyens à la dispositions des autorités. Lors de l'adoption de la loi relative aux téléchargements illégaux, ces moyens ont été largement commentés avec possibilité sous certaines conditions de résiliation de l'abonnement Internet. Je vais encore me faire des amis avec de telles idées que j'assume pleinement, mais alors pourquoi ne pas appliquer cette mesure aux internautes qui enfreignent la loi ? A oui mais j'oubliais et la liberté individuelle ??? je répondrais par ce dicton « La liberté de certains s'arrête la ou commence celle des autres ».

Il suffit donc de placer les intéressés devant leurs responsabilités en ce qui concerne le respect de la réglementation qui régit les grands rassemblements.

Il semblerait d'ailleurs que ça commence à s'agiter mais il a fallu un drame pour qu'enfin peut être on arrête cette politique de l'autruche en espérant que le phénomène ne cesse de lui même. Une très large concertation s'impose afin d'adopter une ligne de conduite unique en la matière. La jeunesse mérite certainement mieux que cette image d'alcoolisme, qualifié de festif avec tous les excès qui s'y rattachent.

 

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