Blog

Apéros Géants

La grande affaire du moment est le rassemblement « apéro géant » ou l'art de se saouler sur la place publique sous le regard presque bienveillant des autorités. Il a suffi d'un « clic » sur un réseau social Internet pour lancer le phénomène qui touche toutes les régions et pour l'instant exclusivement les grandes villes. La presse s'est emparée tout de suite de cette nouveauté et devient une caisse de résonance, soit un support publicitaire gratuit pour cette alcoolisation organisée.

L'organisation d'un apéro géant a ceci de particulier, il n'y a pas d'organisation. Ou plutôt si, celui qui en lance l'idée, devient en droit et de fait l'organisateur avec toutes les contraintes qui s'imposent. A cet égard, sa mise en cause éventuelle et sa responsabilité en cas d'incidents ou d'accidents est engagée. L'identification de la personne concernée est facile avec les moyens techniques à la disposition dans le cadre de la surveillance du réseau internet. Seulement, il faut bien que jeunesse s'amuse alors on préfère « accompagner » le phénomène. C'est ainsi qu'on a pu constater que les apéros géants, qui rassemblent quelques milliers de jeunes en mal d'alcoolisation ont pu se tenir sans contrainte particulière. Pour qualifier cet état d'esprit de ceux qui cherchent à sauver la face je rapporterais cette citation attribuée à Talleyrand :« Puisque les évènements nous échappent, feignons d'en être les instigateurs ». Qui supporte les dépenses liées à ces rassemblements ? la collectivité, c'est à dire nous, donc nos, vos impôts ! Sans compter la mobilisation des moyens de secours et des forces de l'ordre, qui seraient sans doute plus utiles ailleurs.

Il me semble avoir entendu ces dernières années que bon nombre de municipalités avaient interdit la consommation d'alcools sur la voie publique. Actuellement je trouve que le silence sur ce domaine pourtant sensible dans notre pays est pour le moins assourdissant. A force de tolérer tout et son contraire, imaginons les difficultés rencontrées par une association qui doit établir un dossier solidement argumenté, avec toutes les assurances possibles pour organiser une manifestation sur la voie publique. En fait un vrai parcours du combattant mais dans ce cas précis il faut bien que jeunesse se passe et s'amuse.

Les images retransmises par les médias, sur ces jeunes complètement imbibés d'alcool sont pour le moins désolantes. Qu'en pensent les parents ??? Les compétitions sur le temps mis pour absorber une bouteille d'alcool fort, avec comme conséquence probable un coma éthylique, ou au pire la perte de la vie est significatif sur l'état de cette jeunesse en manque de repères et de valeurs.

Le phénomène de ces grands rassemblements n’est pas nouveau. Les raves party et free party apparues en France dans les années 90, ont été l'occasion non seulement d'une forte alcoolisation des jeunes, mais également d'une consommation des drogues et autres produits du même genre. Les propos lénifiants sur les raves party et free party « sans produits stupéfiants » sont à cet égard complètement faux. Tout observateur averti peut constater le lien qui existe entre ces manifestations et la diffusion à grande échelle de ces produits de mort. Ceci est un autre débat sur lequel je reviendrai probablement.

Pour en revenir aux apéros géants, la différence avec les raves party, est qu'ils touchent les jeunes à plus large échelle, facilités par l’essor des réseaux sociaux. Les irresponsables qui en lancent l'idée sont facilement identifiables grâce aux moyens à la dispositions des autorités. Lors de l'adoption de la loi relative aux téléchargements illégaux, ces moyens ont été largement commentés avec possibilité sous certaines conditions de résiliation de l'abonnement Internet. Je vais encore me faire des amis avec de telles idées que j'assume pleinement, mais alors pourquoi ne pas appliquer cette mesure aux internautes qui enfreignent la loi ? A oui mais j'oubliais et la liberté individuelle ??? je répondrais par ce dicton « La liberté de certains s'arrête la ou commence celle des autres ».

Il suffit donc de placer les intéressés devant leurs responsabilités en ce qui concerne le respect de la réglementation qui régit les grands rassemblements.

Il semblerait d'ailleurs que ça commence à s'agiter mais il a fallu un drame pour qu'enfin peut être on arrête cette politique de l'autruche en espérant que le phénomène ne cesse de lui même. Une très large concertation s'impose afin d'adopter une ligne de conduite unique en la matière. La jeunesse mérite certainement mieux que cette image d'alcoolisme, qualifié de festif avec tous les excès qui s'y rattachent.

 

LA GARDE A VUE

C'est le grand débat politique du moment. Fortement critiquée depuis plusieurs années, la garde à vue est aujourd'hui sérieusement remise en question et les récents évènements n'ont fait que précipiter l'annonce d'une nouvelle réforme de la procédure pénale.

Au cours de ces 30 dernières années, jusqu'à la loi "Perben II" du 9 mars 2004 la procédure pénale a fait l’objet de nombreuses modifications. En premier lieu, les réformes adoptées visent à répondre à des phénomènes nouveaux (criminalité organisée, avancées scientifiques et technologiques). En second lieu, le droit évolue aussi en raison de l’absence de consensus politique dans ce domaine avec un effet de balancier, tantôt il s'agit de renforcer les pouvoirs de l'enquête, tantôt on estime que les pouvoirs sont exhorbitants et qu'il y a lieu de mieux les encadrer.

Dans ce contexte, la garde à vue, mesure privative de liberté décidée par un enquêteur officier de police judiciaire est sans cesse remise en cause. Tout ceci est entretenu par une certaine suspicion vis à vis des gendarmes et des policiers dont certains n'hésitent pas à les comparer à des tortionnaires dénués de toute humanité...

Après la vidéo obligatoire pour la garde-a-vue des mineurs, la loi de 2007 a consacré la vidéo pour certaines gardes à vue concernant les majeurs: « Les interrogatoires des personnes placées en garde à vue pour crime, réalisés dans les locaux d’un service ou d’une unité de police ou de gendarmerie exerçant une mission de police judiciaire font l’objet d’un enregistrement audiovisuel. »

Aujourd'hui la réforme de la procédure pénale comprendrait un nouveau volet concernant la garde à vue avec une demande très forte de la présence de l'avocat dès la première heure et pendant l'interrogatoire.

J'aurais tendance à dire, pourquoi pas ? Les enquêteurs n'ont rien à cacher, mais on risque de se retrouver face à une justice à deux vitesses, d'une part les délinquants chevronnés en mesure d'être assistés effectivement de leur avocat pendant toute la durée de l'audition et d'autre part les autres délinquants où la présence de ce conseil risque d'être plus aléatoire. En effet, la garde à vue peut intervenir à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, et en fonction des enquêtes, concerner plusieurs personnes en même temps. Alors si la présence de l'avocat est obligatoire quid de l'enquête si le nombre est insuffisant pour assister effectivement le délinquant ou le criminel objet de la mesure.

Tout ceci semble entrer dans une logique de remise en cause permanente des enquêteurs, « prêts à tous les excès » pour obtenir des aveux. Sous l'Ancien Régime, l'aveu est la reconnaissance par un individu de l'exactitude d'un fait allégué contre lui, ce qui constitue le mode de preuve du fait avoué. Il s'agit d'un élément de preuve laissé à l'appréciation du juge sans lier celui-ci. Cependant, depuis plusieurs années, en particulier depuis le développement de la preuve scientifique, l'aveu a gardé une valeur symbolique, mais sa valeur probatoire ne fait plus l'unanimité, perdant ainsi son statut de «reine des preuves».

Alors les enquêteurs utiliseraient ils la garde-a-vue pour extorquer au prix de violences physiques ou morales des aveux ? L'enquête judiciaire a bien évoulé au cours de ces trente dernières années et aujourd'hui, la garde-a-vue est pratiquement le dernier acte de l'enquête. En effet, les actes effectués en amont doivent permettre de désigner  le ou les auteurs, alors que l'audition finale, sous le régime de la garde-a-vue est destinée prioritairement à définir le degré d'implication de chacun.

Certes il y a encore parfois des excès, de nos jours fortement médiatisés, parfois à juste raison, mais parfois aussi à tord.  De temps en temps , les commentateurs seraient bien inspirés de rapporter les faits de manière impartiale. Les enquêteurs qui se rendent coupables de certains excès connaissent les risques encourus. Il ne saurait être toléré que la hiérarchie de la gendarmerie ou de la police couvre de tels actes de la part des enquêteurs, mais il faut aussi se méfier des affirmations de certaines personnes qui auraient été victimes des derniers outrages... Lorsqu'il s'agit de discréditer, tous les moyens sont bons. Il peut même devenir un système de défense et semer le doute et le trouble. Les droits accordés dans le cadre de la garde-a-vue sont à mon sens déjà nombreux et permettent de détecter rapidement les débordements éventuels.

Ceci étant, bien entendu, une fois de plus, les enquêteurs sauront s'adapter aux nouvelles évolutions qui seront imposées dans le cadre législatif. J'aurais tendance à penser quand même que toutes ces évolutions ne facilitent pas leur travail, et que la confiance dont ils bénéficient est très limitée malgré leur loyauté. Les gendarmes et les policers sont des êtres humains, recrutés dans la population avec leurs qualités et leurs défauts, comme dans tous les corps de métier, à cette différence prêt, leur action est contrôlée au quatidien par leur hiérarchie, mais également par les autorités judiciaires.

Je sais que cet article n'emportera pas l'adhésion de tous les lecteurs. Il n'est pas destiné à alimenter une polémique quelconque mais de livrer le sentiment personnel d'un passionné de la police judiciaire. La noblesse de cette activité destinée à traduire devant la justice les malfrats ne souffre d'aucun amateurisme source de bien de vicissitudes et de remises en cause, donnant ainsi une image désastreuse des enquêteurs en charge de cette mission.

Principales références du Code de procédure pénale sur la garde à vue en matière de droit commun :

Article 63 Modifié par Loi n°2002-307 du 4 mars 2002

Article 63-1 Modifié par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004

Article 63-2 Modifié par Loi n°2002-307 du 4 mars 2002

Article 63-3 Modifié par Loi 93-1013 1993-08-24 en vigueur le 2 septembre 1993

Article 63-4 Modifié par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004 en vigueur le 1er octobre 2004 et par Loi n°2004-204 du 9 mars 2004 en vigueur le 1er octobre 2004

Article 63-5 Créé par Loi n°2000-516 du 15 juin 2000 en vigueur le 1er janvier 2001

Article 64 Modifié par Loi n°2000-516 du 15 juin 2000 en vigueur le 1er janvier 2001

Article 64-1 Créé par Loi n°2007-291 du 5 mars 2007 en vigueur le 1er juin 2008

Article 65 Modifié par Loi 93-1013 1993-08-24 en vigueur le 2 septembre 1993

 

Place de la fessée dans l'éducation d'un enfant

Depuis quelques semaines, un sujet majeur préoccupe le Conseil de l'Europe. Tout de suite j'ai pensé qu'il s'agissait de la situation économique mondiale, ou des problèmes liés à la situation catastrophique de la Grèce. J'imaginais alors que l'Europe allait enfin jouer un rôle majeur au plan international, démontrant sa capacité à parler d'une seule voix et ainsi peser face aux autres grandes puissances économiques. Quel doux rêveur, en fait la grande affaire du moment c'est « la fessée ». Eh oui il faut se rendre à l'évidence, la question cruciale du jour est la fessée que des parents indignes donnent parfois à leurs enfants.

Dans de nombreux pays d’Europe, il n’y a pas si longtemps encore, l’usage des châtiments corporels faisait partie de la « discipline » de nombreux établissements scolaires et l’on donnait dans les écoles des coups de règle sur les doigts pour une « faute » d’orthographe. Cette époque est désormais révolue. Mais on tolère encore les claques, les fessées et autres raclées plus ou moins énergiques dans les familles. De nombreux adultes continuent à considérer que ces «corrections» sont une manière d’exercer son autorité sur un enfant et qu’elles peuvent même lui faire du «bien».

Selon d'autres spécialistes, les coups sur les fesses traduisent un aveu d’impuissance des parents d’aujourd’hui. C’est le résultat des théories éducatives en vogue depuis le début des années 1970. Cela fait trente ans qu’on dit aux adultes qu’il faut écouter les enfants, tout leur expliquer, être plus permissif. En conséquence, ils se retrouvent confrontés à des enfants ne supportant plus aucune frustration et ils ne savent plus exercer leur autorité autrement qu’en infligeant cette punition à leur progéniture .

La punition est nécessaire, c’est le garde-fou de l’autorité parentale. Cette autorité parentale est en fait l'ensemble des droits et des devoirs des parents à l'égard de leurs enfants dans le but de les élever et de les protéger physiquement et moralement. Elle doit avoir pour objectif de fixer des repères à l'enfant. C'est grâce à ceux-ci que l'enfant construit son autonomie. En effet, Il s'agit de lui apprendre comment se comporter en société, de lui faire comprendre ce qui est bon pour lui et ce qui est mauvais, ce qui est dangereux et ce qui ne l'est pas. De plus, l'autorité ne va pas sans la protection : faire montre d'autorité auprès d'un enfant, c'est aussi lui montrer qu'on est capable de le protéger, et qu'il peut grandir en toute confiance.

Nombreuses sont les questions autour de l'éducation des enfants. Pour ce qui est de la fessée, la punition corporelle est quasi culturelle en France. Une bonne fessée n’a jamais fait de mal ! , ça remet les idées en place !  que ce soit une petite tape sur les fesses ou une fessée bien appuyée. La punition corporelle fait partie de la norme, d’un bagage héréditaire, en fait de l'éducation reçue de nos parents. Il ne faut cependant pas confondre éducation et dressage…de ne pas faire l’amalgame entre vitalité et turbulence ou hyperactivité et insolence.

La gifle ou la fessée sont vécues comme une humiliation par l’enfant. Très souvent une simple privation comme : « pas de télé pendant 1 semaine » ou une obligation comme « pour la peine tu ranges ta chambre de fond-en-comble », sont amplement suffisantes. 

Pour être efficace, la fessée doit donc demeurer l'exception et ne pas devenir une forme de défouloir pour les parents, très souvent en mal d'autorité par ailleurs. Ce thème qui passionne aujourd'hui nos gouvernants, est malgré tout un sujet difficile. Vouloir légiférer sur ce sujet est à mon sens inutile car cette loi sera difficilement applicable dans la sphère familiale, où alors pourrait être à l'origine des graves conflits entre l'enfant et ses parents. Malheureusement, aujourd'hui on constate déjà une forme de démission des parents dans leur rôle d'éducateur.

Comme vous pouvez le constater, la « fessée » est un sujet difficile à traiter. Deux concepts de relations « parents - enfants » s'opposent. Face à un enfant qui jour après jour gagne en autonomie, s’affirme et construit sa personnalité, il est parfois difficile de savoir comment agir. Malheureusement, il n’existe pas de règle absolue en matière d’éducation ; tout est souvent question d’équilibre et de communication. Il faut garder à l’esprit qu’amour et autorité sont compatibles : l’un découle même de l’autre. Il s'agit d'être capable de lui fixez des interdits, pour sa sécurité, son bien-être mais c’est aussi l’aider à avancer. Sans autorité, l’enfant peut aussi se sentir négligé, abandonné.

 

Outrage envers le drapeau - Respect des valeurs et de la souveraineté

La photo d’un homme qui s’essuie le postérieur… avec le drapeau français. Cette image primée dans le cadre d'un concours organisé par la FNAC au nom de « l'Art » montre aujourd'hui l'état de notre société où le respect des valeurs ne veut plus dire grand chose.

A titre de rappel, je vous livre ici en préambule l'article 2 de la constitution du 4 octobre 1958, loi fondamentale qui régit nos institutions :

Art. 2. - La langue de la République est le français
L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
L'hymne national est la Marseillaise.
La devise de la République est "Liberté, Égalité, Fraternité".

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Je ne voudrais pas jouer les donneurs de leçons, mais je pense que cette affaire est très révélatrice de ce qui se passe aujourd'hui. En effet à force de « baisser » la tête et de tolérer tous les excès au nom de la liberté individuelle, le respect des valeurs est devenu ringard. Le drapeau national est « offensé »? mais non c'est de l'art !!! Ceci est également applicable à l'hymne national dont certains réclament le changement ou alors la modification des paroles, car jugé trop guerrier !!!!

La presse nationale ne semble pas s'émouvoir de cette affaire, tout au plus est-elle évoquée sur un ton humoristique, s'étonnant même du tollé soulevé par une telle photo, qui serait de l'art au nom duquel tout est permis!!! Je n'ose imaginer les commentaires si un autre drapeau avait subi le même sort, mais je ne voudrais surtout pas faire un procès d'intention ni stigmatiser tel ou tel. J'aurais aimé une attitude  plus citoyenne de leur part, à l'instar du traitement de certains autres sujets considérés comme « sensibles », ceci dit sans esprit de polémique, mais ne rêvons pas. Je crains fort que tout ceci est en fait la suite logique d'une forme de déliquescence progressive de notre société qui part à la dérive et le naufrage n'est pas loin. Force est de constater que cette société abandonne de plus en plus toute forme de civilité, dignité, pudeur, décence et respect (les exemples en sont nombreux). Cette perte des valeurs morales ne laisse rien présager de bon pour l'avenir.

Le drapeau tricolore est né de la réunion, sous la Révolution française, des couleurs du roi (blanc) et de la ville de Paris (bleu et rouge).

La République a des valeurs qu’il faut respecter. Ce genre de comportement, est une injure à ceux qui se sont battus au nom de ce drapeau, parfois au prix de leur vie. Le dernier hommage qui leur est rendu est de recouvrir leur cercueil de ce drapeau, symbole pour lequel ils ont accompli le sacrifice suprême.

Le ministre de la défense s'est d'ailleurs exprimé en ces termes : “Moi qui m’incline malheureusement devant le drapeau national qui recouvre le cercueil de nos soldats (…) je suis indigné et je sais que cette indignation est partagée par la communauté que j’ai l’honneur de servir, mais aussi par l’ensemble de nos compatriotes.”

N'en déplaise à certains, le Drapeau français pour tout ce qu'il représente se doit d'être respecté et non offensé comme il l'a été dans cette photo outrageante.

En guise de conclusion je dirais tout simplement que l'article Article 433-5-1 créé par la Loi n°2003-239 du 18 mars 2003 - art. 113 JORF 19 mars 2003 est ainsi rédigé:
« Le fait, au cours d'une manifestation organisée ou réglementée par les autorités publiques, d'outrager publiquement l'hymne national ou le drapeau tricolore est puni de 7 500 euros d'amende.

Lorsqu'il est commis en réunion, cet outrage est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende. »

Cet article du Code pénal est effectivement clair et sa lecture stricto sensu ne semble malheureusement laisser la place à une quelconque action en justice. Cependant cet article est très récent et il n'existe encore aucune jurisprudence également source de droit. Une action menées par une association contribuerait peut être à apporter les précisions nécessaires quant à la portée réelle de cette incrimination, en fonction de la décision rendue par une autorité judiciaire. 

 

Sportif de haut niveau ou progrès scientifiques

Le sport de haut niveau est il encore du sport ou une affaire mercantile où règne l'argent et la recherche du profit, le sportif devenant ainsi un otage des requins qui gravitent autour.

Pour illustrer mon propos je m'appuierai sur le cyclisme, où les scandales se sont succédés ces dernières années, mais je ne pense pas qu'il s'agisse du seul sport où la tricherie, car il faut bien l'appeler ainsi, est en quelque sorte une institution, malgré les efforts entrepris pour la combattre.

La passion du vélo m'est venue de mes parents et plus particulièrement de mon père, qui pour rien au monde n'aurait manqué la retransmission d'une étape. Je me souviens encore du temps où le poste de radio devenait l'attention de tous les instants. Avant l'arrivée de la télévision, le tour de France était commenté en direct par des reporters qui nous faisaient vibrer aux exploits de ces « géants » de la route. L'arrivée de la télévision et la retransmission en direct des étapes, a largement contribué à l'engouement populaire, le Tour de France devenant l'endroit où il fallait se montrer. Les sponsors sont venus progressivement avec des moyens considérables financer des équipes avec bien entendu une attente importante d'un retour sur investissement. La culture du résultat était née, il fallait « montrer le maillot », gagner et donner une image positive de l'investisseur.

Progressivement, les coureurs sont devenus des supports publicitaires, il n'est que de regarder aujourd'hui les maillots ou chaque centimètre carré est sponsorisé. Tout ceci impose une obligation du résultat d'autant que l'avenir ou la pérennité de l'équipe en dépend. La notoriété d'une équipe, influe sur la décision des organisateurs quant à la participation à des épreuves à la renommée mondiale, bénéficiant d'une très importante couverture médiatique, en particulier télévisuelle.

Les moyens financiers engagés dans une équipe cycliste doivent être rentabilisés. Il s'agit de donner une image « de gagnant » de l'entreprise au travers du sport. Cette couverture publicitaire est donc une aubaine pour se faire connaître. Malheureusement, cette vision idyllique à une partie très noire et certains sportifs, encouragés plus ou moins ouvertement par leur entourage, utilisent alors des moyens illégaux pour améliorer les performances, ce qui n'est pas sans risque pour leur santé.

Le premier drame que j'ai en mémoire est la mort de Tom Simpson le 13 juillet 1967 sur les pentes du Mont Ventoux. Même si à cette époque, les sponsors étaient sans doute moins actifs que de nos jours, le résultat, la notoriété et le profit personnel donnait déjà lieu à des comportements pour le moins condamnables. Pour ma part, c'est à cette époque que j'ai entendu parler pour la première fois du « dopage », mais comme la plupart d'entre nous, je pensais que c'était un acte isolé, une exception en quelque sorte. Très naïvement, j'imaginais que seules les qualités sportives intrinsèques entraient en ligne de compte et que cétait le « meilleur » qui gagnait.

Je restais donc fidèle, à mon poste de radio, puis à la télévision pour vivre en direct les exploits de ces sportifs qui nous faisaient tant rêver et auxquels on s'identifiait.

L'été 1998, fut un véritable cauchemar avec la mise en cause d'une équipe cycliste, au sein de laquelle le dopage était institutionnalisé et médicalisé sous la houlette du directeur sportif. Cette équipe, essentiellement française, trustait les victoires grâce en grande partie à cette tricherie, certains coureurs adoptant un comportement mélo dramatiques devant les caméras, jurant les grands dieux qu'ils n'avaient jamais utilisés de produits interdits, ou alors à « l'insu de leur plein gré ». On se serait cru dans une cour d'école, avec des enfants pris sur le fait et niant l'évidence.

Cette affaire, qui failli tout de même mettre en cause l'existence même de cette prestigieuse épreuve eut un retentissement médiatique sans précédent dans le monde sportif. D'autres équipes furent mises en cause et certains coureurs de renommée mondiale trouvèrent le moyen de s'offusquer des contrôles réalisés et de cette mise en cause.

Depuis cet événement majeur pour le sport cycliste, les moyens de lutte se sont progressivement développés, mais quelque part son image s'est considérablement ternie et il est difficile aujourd'hui de vibrer tant certains exploits semblent dépasser largement les limites normales des capacités humaines. Pour ma part le ressort est cassé et je ne pense pas changer d'avis de si tôt. Parfois je regarde avec étonnement l'éclosion d'un champion, jusque là coureur moyen, au service d'un leader, qui devient brusquement un champion capable de tous les exploits... Comprenne qui voudra ou qui pourra !!!

Des scandales ponctuels émaillent encore la vie de ce sport où on constate une course effrénée entre les tricheurs à la recherche des moyens pour contourner la réglementation, aidés en cela par des « docteurs mabuses » et les instances de lutte qui semblent avoir toujours une longueur de retard, même si des progrès considérables ont été accomplis. De même, les dirigeants du cyclisme international ne semblent pas non plus être particulièrement pressés d'y mettre les moyens nécessaires.

Le dopage ne se limite bien entendu pas au cyclisme. L'histoire est riche en scandales qui ont concerné tous les sports. Mais la prise de substances variées, dans le but d'accroître les performances est également une pratique de plus en plus courante dans le milieu étudiant ou professionnel. On parle alors de « conduite dopante ».

Outre les comportements individuels, le sport collectif est également concerné par cette conduite condamnable. Il n'est que de se rappeler le scandale qui a éclaboussé le football italien où évoluaient d'ailleurs nos meilleurs joueurs, dont certains champions du monde...

Enfin, du temps de la guerre froide, le sport était aussi un moyen de propagande, de montrer sa suprématie. A cette époque, certains pays du bloc de l'Est n'hésitent pas à mettre au point un vaste programme de dopage de ses sportifs. Les injections de testostérone et d'anabolisants sont alors une pratique courante, voire systématique, y compris chez des enfants.

Les États Unis, ne sont bien entendu pas en reste et ont également utilisé ces méthodes à tel point que le Comité olympique américain a reconnu que depuis les années 80, 24 athlètes ont gagné des médailles olympiques après un contrôle positif laissé sans suite.

Je pourrais continuer ainsi cette litanie évocatice, mais il faut bien faire la part des choses et laisser un peu de place au mystère.

Cette gloire éphémère, acquise grâce à l'utilisation de moyens illégaux n'est certainement pas sans contrepartie. Certains sportifs devenus très rapidement des sortes de surhommes ont très vite disparu de la scène, soit parce qu'ils ont pris conscience de leur comportement à risque, soit parce qu'ils n'avaient malgré tout pas les moyens physiques pour continuer dans cette voie.

En effet le dopage, met en danger la santé du dopé. Plusieurs coureurs cyclistes qui ont avoué avoir pris de l'EPO, ont raconté que leur soigneur les réveillait la nuit pour leur faire faire de l'exercice. L'objectif est d'éviter un arrêt cardiaque à cause d'un effet secondaire du produit dopant. En effet, l'amélioration de l'oxygénation des muscles s'obtient grâce à une augmentation du nombre des globules rouges, ce qui épaissit le sang. Quand le cœur, au repos, ralentit, le sang devient de moins en moins fluide, avec le risque de s'arrêter de battre.

Pour prolonger la réflexion, il serait peut être intéressant de mener une étude sur le décès prématuré de certains anciens coureurs atteints de maladies incurables afin de déterminer s'il n'y a pas une relation de cause à effet avec la prise de ces produits.

A ce jour il n’existe pas d’études sur le long terme qui permettraient d’établir formellement une relation précise entre le recours à une forme de dopage et des pathologies spécifiques. En revanche, il existe des cas avérés où l’on peut constater les méfaits du dopage sur la santé des sportifs Cependant on peut affirmer que la prise de produits dopants peut avoir des conséquences d’une extrême gravité sur le plan de la santé. Les éléments utilisés pour le dopage sont à l’origine des médicaments ou des procédés dont la vocation est de guérir des malades. Or, ils sont détournés de cette vocation première et administrés à des personnes saines, en vue d’augmenter leurs capacités physiques. Tout ceci présente donc un risque majeur sur le plan humain dont le principal concerné n'a certainement pas conscience. Alors la politique de l'autruche n'a que trop durée et cette course folle pour améliorer de manière artificielle les performances ne doit plus trouver aucun écho auprès des jeunes sportifs qui doivent être encouragés à adopter une comportement exemplaire.

 

Quel avenir pour la gendarmerie

La gendarmerie est une vieille dame de plus de 8 siècles d'histoire. Cette vénérable institution que j'ai eu l'honneur de servir durant plus de 35 années connaît actuellement des changements importants avec des soubresauts auxquels tous les échelons hiérarchiques, ainsi que les plus hautes autorités de l'État doivent porter une très grande attention.

La loi du 3 août 2009 a scellé une évolution majeure, le rattachement d'une force militaire au ministère de l'intérieur. La loi a été votée par le parlement, dont les membres sont élus par le peuple, dont acte et je me garderai bien de critiquer la décision prise d'autant que de nombreuses consultations ont été menées dans le cadre des travaux préparatoires des assemblées.

La militarité de la gendarmerie a été affirmée dans ce nouveau texte législatif, fondateur de cette nouvelle gendarmerie. Le gendarme est donc un militaire et à ce titre, il est soumis à l'obligation de réserve. Les événements de 1989 et de 2001 que j'ai vécus directement, comme sous-officier, puis comme commandant de compagnie ont été très significatifs de ce malaise des gendarmes qui avaient la nette impression d'être des « laissés pour compte », d'être corvéables à merci sans contrepartie. Le mouvement de 2001 était en fait un prolongement de celui de 1989, les gendarmes ayant eu le sentiment que rien n'avait en fait bougé et que leurs demandes, pourtant pas inconsidérées, n'avaient pas été prises en compte. Ces mouvements d'humeur, avec comme point d'orgue la désastreuse image de la manifestation sur les Champs Elysées, où on a pu voir le cortège des voitures de service bloqué par des compagnies de CRS resteront pour moi une blessure qui ne se cicatrisera jamais.

Le gendarme est un militaire aux activités multiples au profit de plusieurs ministères dont celui de la justice. Il n'est pas dans ses habitudes de contester les décisions prises mais il observe ce qui se passe autour de lui. Sa disponibilité est reconnue, de même que ses compétences en matière de police judiciaire, de la recherche et du traitement du renseignement pour ne citer que ces deux missions parmi tant d'autres. Le maillage territorial fait que le gendarme fait partie intégrante du paysage de nos campagnes même si aujourd'hui on peut avoir l'impression de les voir moins souvent. Mais ce n'est qu'une impression.

Les réactions d'aujourd'hui certainement excessives pour certaines d'entre elles, montrent que le rattachement au Ministère de l'intérieur est sans doute mal vécu. Pour paraphraser un journaliste célèbre disparu récemment j'oserais dire « le gendarme a peur ». Il a l'impression d'être totalement impuissant et exclu des événements qui pourtant le concernent directement, qu'il a beaucoup à perdre, et que des pans entiers de son activité seront remis en cause. Il a le sentiment que la police nationale, institution civile, qui plus est syndiquée est plus écoutée par nos dirigeants. Les prises de position de certains responsables de la police et des instances syndicales irritent les gendarmes qui ont le sentiment que raison leur est donnée à leur détriment et que la gendarmerie pourrait y perdre son âme.

Opposer ainsi frontalement les deux forces, est à mon avis une très grave erreur car ce n'est certainement pas de cette manière que les gendarmes sortiront leur épingle du jeu. De même, les actes isolés, parfois désespérés de certains, mettant en cause les plus hautes autorités de l'état ne peuvent en aucune manière être encouragés. Le gendarme, soldat de la loi, peut s'exprimer en utilisant les instances de concertation, peut être insuffisantes ou vécues comme telles. Cependant les nouvelles orientations doivent être expliquées aux personnels. Cette pédagogie d'écoute et de prise en compte des récriminations est un moyen de canaliser les énergies. Il serait quand même paradoxal qu'à l'ère de la communication, le gendarme soit victime de ce manque de communication.

A force de regarder dans l'assiette du voisin, où la « soupe » est toujours meilleure, à force de vouloir trop lui ressembler, ce qui faisait la différence disparaît progressivement. Alors où est l'intérêt de maintenir deux forces distinctes? Peut être économique ? Je n'en suis pas certain. Avant de quitter le service actif, je me souviens avoir dit à mes camarades gendarmes, qu'il ne fallait pas avoir peur des évolutions à venir, mais au contraire, c'était sans doute le moment de démontrer notre compétence, notre savoir faire. Ceux qui pensent aujourd'hui rendre service à la gendarmerie par des prises de position malheureusement intenables ou en utilisant l'insulte se trompent lourdement.

La gendarmerie ne doit pas avoir peur de communiquer. Une réflexion sur l'ensemble des moyens de communication actuels au sein de cette institution, y compris sur les instances de concertation, doit sans doute être menée de manière à trouver les adaptations nécessaires, et ainsi mettre en place de vrais moyens de communication. Il ne s'agit pas de franchir le pas du syndicalisme, mais de se doter de véritables relais d'opinion reconnus de tous. Cet investissement est important, car le gendarme est tout sauf un naïf, et l'époque du « gendarme de Saint Tropez » est révolue depuis bien longtemps. La diversité de ses compétences, ses résultats, sa place dans la société doivent lui permettre de survivre probablement au prix de certaines adaptations.

Il appartient aux hommes politiques, de veiller au devenir de la gendarmerie, de dire clairement quelles sont les orientations à moyen et long terme. La langue de bois doit à cet égard être bannie. Il faut avoir le courage de ses opinions et surtout le courage de dire tout haut de quoi demain sera fait. Le soutien des élus nationaux est à cet égard important et sans doute à rechercher et à susciter. En revanche, les actes isolés sont néfastes et n'apportent aucun élément positif au débat. Le gendarme a besoin de retrouver une certaine confiance, d'être écouté et compris. Les bouleversements actuels ne sont pas anodins et cette inquiétude, légitime, qui traduit l'attachement viscéral des gendarmes à leur institution, doit trouver un écho de la part des dirigeants politiques mais aussi de la hiérarchie. Ne dit on pas que la gendarmerie est une « force humaine » alors faisons en sorte que ce soit pas un vain mot.

Economie Souterraine - Economie Parallèle

Régulièrement, les quartiers appelés sensibles connaissent des soubresauts avec des débordements de plus en plus graves tant sur les plans humain que matériel. Ces quartiers, très souvent en déshérence sont livrés à quelques bandes de désœuvrés qui y font régner la terreur, dictant leur propres règles et défiant le pouvoir. Les forces de l'ordre, les pompiers, les médecins, les moyens de transport sont régulièrement la cible de ces individus qui défendent un territoire qui ne leur appartient pas.

Les différents politiques de réhabilitation avec les gouffres financiers qui ont suivi n'ont apporté aucune solution, sauf à dépenser des sommes très importantes pour un résultat quasi nul. L'état providence ne peut acheter la tranquillité et ce calme précaire de façade, peut très rapidement dégénérer au gré des humeurs des petits caïds qui en fait font régner cette anarchie, tenant très souvent un double langage en clamant haut et fort l'impossibilité de s'intégrer dans notre société tout en prônant le communautarisme.

Ce rejet de la société et cette forme de ghettoïsation, assumée et défendue par ces individus est particulièrement favorable au développement des circuits d'économie souterraine avec les trafics de stupéfiants, les trafics d'armes, le grand banditisme. Sur le plan local, le trafic de stupéfiants constitue le principal vecteur de cette économie même s'il ne faut pas négliger les autres formes de délinquance.

Les observations effectuées sur l’économie souterraine et la place centrale des trafics de stupéfiants font apparaître trois enseignements principaux :

Le premier enseignement concerne les conditions de l’émergence d’une économie parallèle générée par le trafic de drogue en milieu urbain. Il ne fait aucun doute qu'il existe une forte corrélation entre l’implantation durable de trafics illicites et les processus de marginalisation et d’exclusion sociales. Il s'agit d'un phénomène qui évolue dans un contexte de vulnérabilité liée au chômage. La revente de drogues (cannabis cocaïne et héroïne essentiellement) apparaît comme une alternative.

Elle s’appuie sur la force des liens et des solidarités de quartier qui se développent selon des logiques communautaires. Il s'agit de faire face à la misère sociale, mais également aux effets de la déshumanisation. Autrement dit, « dealer », c’est autofinancer sa consommation, et vivre au jour le jour; mais c’est aussi exister socialement et forcer le respect.

Le second enseignement concerne la diversification des formes de trafic selon les produits, les spécificités locales, les divers acteurs en jeu. La catégorie du trafic local, pour s’en tenir là, est loin d’être homogène. On observe un phénomène de spécialisation des marchés du cannabis d’un côté, de l’héroïne et de la cocaïne de l’autre. Ils s’inscrivent dans des filières de trafic, des modes de distribution, une division du travail, des rapports d’échange avec des clients spécifiques. Si la revente de cannabis est une ressource pour de jeunes habitants des cités, le trafic d’héroïne est plus professionnel et cloisonné, plus risqué aussi, tant au plan répressif que sanitaire et humain.

En fait il existe plusieurs niveaux dans ce marché:

  • Le «dépanneur» (qui revend quelques barrettes à l’occasion pour se faire son «billet»),

  • Le «commerçant indépendant» (isolé, qui revend à ses copains, au lycée, discrètement),

  • Le « réseau structuré » qui répond au flux constant d’usagers à partir d’une équipe soumise à une stricte division du travail et qui assure la circulation des marchandises, des hommes et de l’argent à une vaste échelle.

Le troisième enseignement fait apparaître que les trajectoires sont très diversifiées. En effet, si la figure du «dealer» s’est instituée comme modèle de réussite dans les quartiers et bien au-delà, elle est loin d’être la norme. La situation socio-économique favorise l'émergence des petits trafiquants dont la position est très fragile face notamment aux «caïds», ou à des «équipes» qui se ramifient à des échelles territoriales dépassant largement l’espace résidentiel. C’est à ces niveaux que se font les trafics d’envergure et que s’acquièrent bénéfices et réputations.

Les profits engendrés par ces trafics sont très souvent injectés dans l'économie par le biais de l'immobilier (SCI), commerces ou restaurants, donnant une image de réussite sociale . Elle entraîne de la part du trafiquant un changement de comportement vers une activité plus traditionnelle, se retirant ainsi des « affaires ». Cette vision de réussite sociale est particulièrement néfaste dans la population locale.

Les moyens d'investigation et de lutte nécessaires au démantèlement de ces réseaux, qui minent les circuits économiques légaux, relèvent de plusieurs administrations différentes mais complémentaires. La principale difficulté est de coordonner les énergies afin de pourvoir mener une action efficace.

L'enquête judiciaire est souvent à l'origine de l'ouverture d'un « dossier » et permet avec le plus d'efficacité d'atteindre les buts assignés dans la mesure où elle autorise la mise en oeuvre des cadres juridiques parfois plus coercitifs.

Les interpellations récentes effectuées à TREMBLAYE EN FRANCE avec la saisie de plus de neuf cent mille euros est un cas d'école sur l'existence de cette économie souterraine dans certains quartiers véritablement aux mains de ces malfrats. L'incendie de deux bus et les vives tensions qui règnent dans certains quartiers de cette ville montrent le refus de l'autorité et constitue une réaction violente à l'intervention de la police. Le paradoxe est la mise en cause d'un reportage télévisé sur le trafic de drogue dans cette ville alors que les trafiquants semblaient collaborer activement avec les journalistes, trouvant ainsi un moyen d'exprimer publiquement leur rejet de la société, leur marginalisation, situations dans lesquelles ils se complaisent, trouvant ainsi une tribune pour en quelque sorte se mettre en avant et montrer leur mainmise sur ces quartiers.

La paix sociale ne s'achète pas, les errances de ces trente dernières années dans la mise en œuvre de la politique de la ville sont un échec cuisant et sans vouloir mettre de l'huile sur le feu ni être particulièrement alarmiste, les banlieues d'aujourd'hui sont de véritables poudrières et peut être le principal souci pour demain.

 

LE CÉLIBAT DES PRÊTRES

Depuis plusieurs mois, la presse relate régulièrement des actes de pédophilie commis par des prêtres. Il ne se passe pratiquement plus une journée sans de nouvelles révélations sur ces abus sexuels qui ont aujourd'hui pris le sens sémantique courant de « violeur d'enfants », voire d'assassin. Les scandales qui touchent aujourd'hui le Vatican sont en fait le résultat d'une omerta observée par l'Eglise coupable de ne pas avoir dénoncé les affaires.

Tous les prêtres ne sont certainement pas pédophiles, et cette déviance criminelle concerne toutes les catégories sociales. Quand il s'agit d'ecclésiatiques, le scandale prend une autre dimension à tel point que l'on cherche même à trouver des explications. C'est ainsi que L'opinion publique tend à mettre en cause le célibat des prêtres : on lui reproche des choses très diverses : d'être la cause de la crise des vocations, d'imposer aux prêtres quelque chose d'inhumain, d'être la source de déséquilibres sexuels comme la pédophilie.

Le présent article n'a pas pour objet de traiter de la pédophilie, sujet très sensible sur lequel peut être que j'écrirai un jour, mais de réfléchir sur le célibat des prêtres, car le catholicisme est la seule religion chrétienne qui maintient encore le célibat chez les ecclésiastiques hormis les diacres.

L'église catholique de rite latin n'ordonne prêtres que des hommes célibataires pour la raison qu'il y a une "convenance" entre la vie et le ministère des prêtres et le célibat.

Le célibat des prêtres est de plus en plus remis en question et a toujours été difficilement observé depuis qu'il fût imposé au XI siècle. Nombre de responsables religieux souhaitent la modification de l'obligation de cette obligation pour devenir prêtre.

Le célibat n’est pas exigé par la nature du sacerdoce comme le montre la pratique de l’Eglise primitive et des premiers siècles de l’Eglise. A l'origine, les prêtres pouvaient se marier et il n'y avait que les moines qui étaient célibataires.

Alors, aujourd'hui, l'église doit elle évoluer sur cette question ?? oui très certainement, elle doit cependant le faire dans la plus grande sérénité d'autant que la valeur sacrée du célibat n'existe pas, cette règle dans l’Église catholique étant d’ordre disciplinaire (article 277 du Code de droit canonique).

Lier la remise en cause du célibat des prêtres avec uniquement la pédophilie, serait à mon sens particulièrement réducteur. Si le célibat était la cause des violences sexuelles, il n'y aurait pas de violences sexuelles dans le reste de notre société ou alors tous les célibataires seraient des pédophiles? Ce qui est condamnable, outre ces actes « criminels », c'est la non dénonciation de ces faits à la justice. L'absence de réaction des autorités de l'église, la plupart du temps informées, a eu pour effet pervers de favoriser ce sentiment d'impunité particulièrement malsain par rapport à la justice des hommes.

Le problème qui se pose aujourd'hui est la crise des vocations déjà en ordre de marche depuis plusieur années. Il n'est que d'observer le nombre de prêtres dans nos campagnes, certaines cérémonies ou certains rites sont désormais célébrés par les seuls laïcs, auxiliaires précieux qui suppléent l'absence des curés. Certains prétendent que le mariage permettrait de résoudre cette crise des vocations. Je ferais presque une réponse de normand « peut être bien que oui, mais peut être bien que non ». En effet chez les pasteurs protestants qui se marient, il y a également une crise des vocations. De plus le traitement du prêtre serait insuffisant pour faire vivre une famille, s'il n'avait pas un travail professionnel par ailleurs. Enfin le secret de la confession crée des liens qui peut poser des problèmes dans la vie d'un couple.

Le célibat doit être un libre choix en cela il est infiniment respectable et doit être encouragé pour ceux qui en sont capables. Il ne peut à mon avis être imposé pour devenir prêtre.

Tout laisse à penser que le célibat des des prêtres sera remis en cause à plus ou moins brève échéance. L’ordination des diacres, très souvent des hommes mariés, est déjà un pas de franchi dans cette direction et préfigure probablement la fin de cette situation qui peut paraître aujourd'hui archaïque.


 

Education : Enfant roi

Être parents, c'est une grande aventure, c'est pour toute la vie et l'éducation d'un enfant n'est pas chose aisée. Depuis une trentaine d'années on constate une évolution dans le comportement des enfant, très souvent encouragée par les parents qui n'acceptent en aucun cas la mise en cause de leur progéniture qui ne peut être sanctionnée. Cette forme de démission de certains parents rejaillit progressivement sur la société à tel point que c'est bientôt la loi qui doit se substituer à cette autorité parentale démissionnaire.

Cette évolution au plutôt ce changement des comportements débute dès le plus jeune âge. Dans mon enfance l'instituteur était respecté et redouté. Il fallait « bien travailler » à l'école c'était à la fois une volonté des pouvoirs publics mais aussi et surtout des parents. Dès lors il ne fallait pas se plaindre des punitions de l'instituteur auprès de ses parents au risque de se voir infliger une 2ème sanction.

Tout bascule dans les années 70. Après mai 68 il est "interdit d'interdire" L'individualisme et le "touche pas à mon enfant" font que les parents s'en prennent aux enseignants car il ne faut pas "traumatiser" leur progéniture, ni les fatiguer avec des devoirs à faire à la maison qui pourraient d'ailleurs nuire aussi au bonheur des parents.

L'éducation de mon enfance où l'autorité primait était peut-être parfois excessive, mais il me semble qu'elle nous préparait à entrer dans la vie active et à être mieux armés pour surmonter les difficultés.

Aujourd'hui il n'est bien entendu pas question de revenir en arrière car la vie a beaucoup changé et l'école doit aussi évoluer pour tenir compte de la nouvelle conjoncture (familles recomposées, le développement des nouveaux moyens de communication,...)

La seule constante est qu'il faut travailler à l'école pour réussir dans la vie, certaines familles sont à même d'aider leurs enfants, d'autres sans doute pas pour des raisons diverses.

Dans la continuité de cette analyse, la délinquance des mineurs, a fortement augmenté au cours de cette dernière décennie et concerne des adolescents plus jeunes et plus violents face auxquels les adultes sont de plus en plus désemparés.

La rubrique des faits divers relate régulièrement les comportements déviants de mineurs plus en plus jeune, auteurs de crimes ou délits graves, livrés à eux même dans la rue y compris de nuit, sous l'influence d'une très forte alcoolisation ou consommateurs de substances illicites. Tout ceci est très souvent le résultat de la démission des parents dans leur rôle essentiel d'éducation et le transfert latent de ce rôle aux pouvoirs publics, mais malheur à celui qui remettrait en cause cette situation alors vécue comme atteinte intolérable à la liberté.

C'est ainsi que disparaît le goût de l'effort et cette notion de hiérarchie et d'obéissance qui font cruellement défaut aujourd'hui. Il suffit de regarder les résultats scolaires. Il faut quand même une certaine dose d'aplomb pour ne pas reconnaître que le niveau scolaire a considérablement baissé au fil des années. Le baccalauréat d'aujourd'hui par rapport au BEPC ou au fameux CEP d'il y a quelques dizaines d'années. L'élitisme certes mais pas à n'importe quel prix !

Il serait peut être temps de réinventer une école des parents afin de les responsabiliser dans le rôle d'éducation qui doit être le leur. Les pouvoirs publics ne peuvent en aucun cas remplacer un père ou une mère d'autant que très souvent, leur action est mise en cause par les parents et les médias. Interdit de punir nos chères petites « têtes blondes ». Ne pas oublier non plus que ces enfants seront également parents un jour et ce manque de repères qui ne cesse d'augmenter de génération en génération n'est certainement pas de bon augure et laisse présager des réveils difficiles.

Ni l'adolescent, ni le jeune adulte ne doivent être trompés, la vie n'est pas "un long fleuve tranquille" : il faut s'y préparer dès l'enfance et le milieu familial, si précieux par ailleurs, ne me paraît pas toujours le mieux armé pour cela.

 

Écologie - Développement Durable

Depuis quelques années, le thème à la mode est devenu l'écologie. Loin de moi l'idée de remettre en cause que quelque manière que ce soit les efforts entrepris pour préserver la planète, il s'agit en fait de l'héritage que nous transmettrons aux générations futures et à cet égard il y va de notre responsabilité.

Mais force est de constater quand même que depuis quelques temps, on parle en permanence du changement climatique, du réchauffement, avec le Grenelle de l'environnement, le fiasco du sommet de Copenhague et demain ??

Les Ayatollahs de l'environnement ont pris le pouvoir et le créneau est tellement lucratif que l'écologie est devenue une force politique. L'écologie n'appartient à personne ou plutôt si à tout le monde mais en aucun cas elle ne doit être prise en otage par un parti politique quel qu'il soit.

L'impression ressentie autour de ce battage médiatique est que l'on cherche à faire diversion, à occuper l'opinion publique pendant que les grands problèmes économiques, les difficultés rencontrées par les plus pauvres, toujours de plus en plus nombreux, la faim dans le monde, ne semblent préoccuper personne.

De nombreuses voix s'élèvent d'ailleurs pour remettre en cause le fait que le réchauffement climatique serait la conséquence première des rejets de CO2 dans l'atmosphère, certes une pollution aux conséquences extrêmement graves, mais sans doute pas la seule cause du réchauffement comme on veut bien le faire croire. Ne serait pas encore une fois le moyen d'inventer une nouvelle taxe? La taxe carbone, invalidée une première fois par le conseil constitutionnel en raison des inégalités de traitement, les industries les plus polluantes n'y étant pas assujetties, ressemble bien à un nouvel impôt, même si on nous assure du contraire.

Depuis quelques siècles, les activités humaines modifient de façon sensible la composition de l'atmosphère. Entre 1750 et nos jours, la teneur en méthane a plus que doublé (145 % environ) essentiellement à cause de l'intensification de l'agriculture, alors à quand une taxe sur la tête de bétail qui rejette tant de méthane dans l'atmosphère? Pauvres agriculteurs qui connaissent déjà bien des difficultés.

L'utilisation des combustibles fossiles est largement responsable de l'augmentation de la concentration en gaz carbonique depuis le début de l'ère industrielle (+30 % environ).

Certes, l'augmentation de l'effet de serre et le réchauffement du climat au cours du dernier siècle, se confirment. Mais la position des scientifiques sur un lien éventuel de causalité entre ces deux observations évolue sensiblement.

  • Le rapport 1990 concluait que « L'importance du réchauffement observé est grossièrement cohérent avec les prédictions des modèles climatiques mais elle aussi comparable à la variabilité naturelle du climat ». Le réchauffement observé pourrait donc être du à cette variabilité naturelle ;

  • Le rapport 1995 indique que : « Un faisceau d'éléments suggère qu'il y a une influence perceptible de l'homme sur le climat global ». Cette conclusion reste extrêmement prudente mais c'est, à l'évidence, un des résultats importants du nouveau rapport qui ne modifie pas les prévisions de réchauffement mais leur apporte une crédibilité qu'elles n'avaient pas précédemment.

Alors que croire, que penser ?

Le développement durable oui bien sur, il n'est bien entendu pas concevable de continuer à polluer notre environnement en toute impunité car le principal risque pour le futur sera la santé. Les enfants sont les premières victimes du développement des maladies respiratoires aiguës, des allergies, en dépit des progrès accomplis au cours des dix dernières années pour améliorer leur bien-être. Il ne faut sans doute pas se tromper de combat et l'institution de taxes nouvelles ne résoudra certainement pas le problème, si ce n'est celui d'entamer encore un peu plus le pouvoir d'achat. En revanche, l'éducation, le développement des énergies renouvelables, les progrès scientifiques avec les retombées possibles sur le plan industriel sont de nature à améliorer la situation.

La déforestation est également un phénomène puissant, qui touche toutes les forêts tropicales, en particulier en Amazonie, en Afrique équatoriale et en Asie du Sud-Est. Chaque année, ce sont plus de 10 millions d’hectares qui disparaissent. Une catastrophe pour la planète. Et ce n’est pas tout : le climat mondial est aussi affecté par la déforestation. 40% du carbone terrestre est stocké dans la végétation et les sols des forêts. Lorsque’ une forêt disparaît, le carbone qu’elle emmagasinait est en grande partie libéré dans l’atmosphère, augmentant l’effet de serre et le réchauffement de notre planète

Le déboisement détruit également les sols, rendant les terres improductives, particulièrement en zones tropicales : sans couverture arborée, les sols naturellement pauvres, sont exposés au vent, au soleil, et à la pluie. Rapidement la couche arable est remplacée par une croûte dure et improductive.

En plus de protéger les sols, les forêts jouent un rôle essentiel dans le cycle de l’eau, qu’elles stockent et régulent. Sans forêts, il n’y aurait bientôt plus d’eau dans les rivières. Un phénomène déjà très perceptible dans beaucoup de pays, particulièrement en Afrique.

Tout ceci suppose une prise de conscience internationale, loin d'être le cas actuellement. Demander aujourd'hui aux pays dits « émergents » de remettre en cause leur capacité à évoluer est un échec assuré, car ceci porterait un coup d'arrêt à l'accroissement de leur revenu par habitant avec pour conséquence une forte diminution de leur part dans le revenu mondial, donc un nouvel appauvrissement dont ils tentent de sortir.

Stopper la déforestation à l’échelle mondiale est un objectif parfaitement réalisable, au coût économique réduit, avec un retour sur investissement considérable à court et long terme.

En détruisant notre écosystème (forêts, terres arables, système hydraulique....), en prélevant au-dessus de ce que le milieu naturel est capable de fournir, la chute de notre civilisation industrielle peut être très rapide d'autant plus que l'interaction entre nos différents réseaux d'approvisionnement accroissent notre vulnérabilité. Alors comment comprendre que nous acceptons de courir au suicide par nos propres agissements sans réagir?

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×